Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
Qui n’a pas, un matin, en ouvrant sa fenêtre
Et voyant dans le ciel assombri apparaître
Un paquet agressif de cumulo-nimbus,
Accueilli sa journée d’un maussade rictus ?
Bien sûr, si trop longtemps ils dispensent leur eau,
Notre révolte est juste contre tous ces bourreaux,
Mais si, sans abuser, ils comblent nos besoins,
Nous aurions tort, je crois, de leur montrer le poing.
Enfin, quoi que l’on pense, dans le fond, des nuages,
Ils font dans la région partie du paysage
Et à moins d’émigrer dans des pays tout bleus,
Il faut s’habituer à vivre avec eux.
Beaucoup s’avèreront de gentils compagnons,
Comme ces cumulus qui s’en vont, si mignons
Dans leur blanche tenue, se promener en bande
Dans un ciel d’été bleu comme un champ de lavande.
Hier, j’ai retrouvé,dans leurs diverses formes,
Un éléphant couché, un potiron énorme,
Un visage éthéré qui regardait le monde
Et une calebasse pour boire à la ronde.
Et si j’évoque aussi les couchers de soleil
Les habillant si bien de jaune et de vermeil,
Je ne peux plus cacher l’affection que je porte
A ces passants du ciel que le vent nous apporte.
Vous pouvez bien me dire qu’il y a, parmi eux,
De tristes porteurs d’eau pas très affectueux
Dont les gros ventres noirs enfantent des orages,
Cela ne m’atteint pas : je suis dans les nuages.
Félix Parvole 30/08/2010