Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
Maman nous emmenait quelque fois chez sa tante
Par ces après-midi de septembre dorés ;
Il fallait être propre, la tenue avenante
Et si nous étions sages, elle nous gâterait.
Dans la salle bien fraîche, elle nous invitait,
Souriante, heureuse de revoir les petits
Qui bien sûr attendaient, en lorgnant le goûter,
De donner libre cours à leur gros appétit.
Nous n’avions plus d’oreilles, seulement des mâchoires,
Et nous n’entendions pas la tante racontant,
Lui venant de son fils, quelques belles histoires
Du temps où, à Cambo, il voiturait Rostand.
Nous l’apprîmes plus tard et Maman ajouta
Qu’à tante Marguerite, cuisinière aguerrie,
Il était arrivé, lors de nombreux repas,
De voir dans la tablée monsieur Jules Ferry.
Le gamin que j’étais ignorait, c’est logique,
Que plus tard il serait instituteur laïque
Et qu’un jour, imitant l’auteur de Chantecler,
Entré en poésie, il écrirait des vers.
Félix Parvolle