Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
Tu t'étonnes, puceau, qu'à ton air satisfait, 
La belle à tes côtés ne vient pas prendre part
Car ton " aussitôt-dit " jusqu'à l "aussitôt-fait"...
Fait que ton "arrivée " précède son" départ " !
Si tu savais, vantard, étalon des censures,
Comment, chez cette belle, ta prouesse est notée,
Tu casserais le Temps qui rythme à sa mesure,
Ton récit bien plus long... Que l'exploit raconté !
Bien des femmes mettraient le Mâle au couperet,
Car sa réputation fait de l'homme un volage.
Mais les dames en extase ont-elles comparé
Leurs multiples envols... A son seul décollage ?
Si tu savais, macho, quelle note on te donne
Après ce que tu crois galipette à concours...
Tu ne saurais que faire, afin qu'on te pardonne,
Autant d'élans si longs… Pour des assauts si courts !
L'amante insatisfaite est toute acidité !
Elle s'insurge après la vigueur prétendue
Sans admettre qu'elle a plus de facilité...
D’avoir la bouche ouverte que le bras tendu !
Quelques mâles ont l'orgueil de leur "énormité",
Certains que le "calibre" est la carte gagnante,
Mais les femmes préfèrent, à l'unanimité,
La "petite nerveuse" à la " grosse feignante ".
Tu t'essouffles, Papy, vers des septièmes ciels,
Dopages, fortifiants te servent d'ascenseurs...
Parvenir au premier serait providentiel
Mais souvent tes départs vont finir au sous-sol !
Les amoureux qui s'aiment, dans l'extase suprême,
Apprécient leurs passions sans outils ni témoins...
Discrets, sans prétention de diplôme ou barème...
Les grands amants sont ceux... qui en parlent le moins !
Jean-Yves Gaudin
Octobre 1992