Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
Dans le sac, sur la porte ou sur le guéridon,
Elles ne sont pas bien loin. Vous savez qu’elles sont là.
Au contact de vos mains elles s’animent selon
Que vous choisissiez l’une ou l’autre, ou pas !
Elles gardent pour nous dans des tiroirs secrets,
Tous nos chers souvenirs, quelques mélancolies,
Voyez la plus petite ornée d’ailes cuivrées,
Ouvre tard dans la nuit, toutes nos insomnies.
Elles glissent des doigts. Elles s’emmêlent et dansent.
Essayez de saisir la "ronde" du courrier,
C'est la grande, arrogante, qui paraît et balance,
Si lettres vous cherchez, porte devez fermer...
Dès que le jour s'estompe les clés ont leurs repaires,
Les jeunes ont des couleurs, les vieilles un peu rouillées
Ont vu de pauvres vieux, de gentils locataires,
Devoir s'en séparer, tant leurs mains sont ridées.
Cuivre, fer ou acier le trousseau nous rassure,
Ouvrant, fermant sur nous, tout ce qui a un prix.
De la lettre d'amour à la simple facture,
Un petit tour de clef, ce bruit-là nous ravit.
C.LBF