Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
Ce sont des épreuves 
Qui ont cloué toutes mes pensées,
qui m’ont bloquée net dans ma lancée,
dont je me serais bien passé.
Il est de ces mots, de ces regards,
que je n’étais pas prête à encaisser,
Et qui m’ont fait voir
la vie couleur noire.
J'ai pas les mots pour dire la puissance de ma désespérance
J'ai appris le mot oubli de la souffrance
C'est une épreuve stupéfiante et étrange où l’intelligence
À fait place à une âme noire.
J'ai pas de phrases miracles qui pourraient soulager ma peine.
Aucune formule spirituelle parmi ces sentences qui assassinent.
J'ai pas écrit les mots pour expliquer l'indéchiffrable,
J'ai pas écrit les mots pour consoler l'inconsolable,
J’ai trouvé des humains pour poser sur ma douleur des mots consolateurs.
Je ne vous ai pas vu mourir, trop occupé à ma douleur.
J’ai vécu avec vous,
je dois apprendre à vivre sans vous.
Je ne t’ai pas vu souffrir, ni vu ta peine
À lire ces mots qui me perçaient le cœur,
Qui m’occupaient l’esprit jusqu’à en perdre l’âme.
C’était peut -être écrit que je verserai des larmes de sang.
J’ai trouvé votre présence et des mots pour soulager ma peine.
J'ai trouvé la façon de restaurer mon cœur brisé,
Il faudra sûrement du temps avant qu'il puisse cicatriser.
J’ai su rester debout et on admire ma détermination
À traverser cette tornade.
À côté de cette épreuve, tout me semble illusoire
tout ne sera plus pareil, tout me semble si dérisoire…
Et enfin découvrir, dans le calme retrouvé, que mon chagrin m'a fait grandir.
En hommage à mes parents que je n’ai pas vu mourir
Et à cette épreuve où les mots ont été des tueurs.
Dolorès Boucher