Publication des oeuvres des membres du Club des Poètes de l'Adour
L’atmosphère est feutrée, les lumières sont douces,
Hommes et femmes sont là, amants, maîtresses aussi,
Un ami qui sait voir m’a parlé des partouzes,
Des orgies monnayées que l’on propose ici.
Les amants, les maîtresses ne sont que des robots.
Hommes et femmes s’accouplent au bon goût de leur choix.
D’après moi, ces robots ne sont vraiment pas beaux,
Mais chacun devant lui vient quémander sa joie.
On le flatte, on le touche, prémices indécent's
D’un' sensualité que je trouve équivoque,
Mais ces pûtes d’acier sont d’abord commerçant's...
Il faut payer pour voir ce que l’argent provoque.
Toute orgie monnayée exige des finances
Que les gogos d’un soir sont prêts à leur verser ;
Ils ont tous à la main leur godet de semence
Et la copulation peut alors commencer.
Et je les vois glisser, par un geste viril
Un gros sou masculin dans le vagin d’acier
Que la machine à sous, indécente et stérile
Exhibe sans pudeur aux émois négociés.
Elle jouit, la machine, son plaisir est visible,
Frissons électroniques, orgasmes de synthèse,
Jouissance bidouillée que je trouve risible
Dès qu’un gros sou malin pénètre sa mortaise.
Dans la foule excitée qui transpire et qui sue
S’ouvre enfin quelque orgasme sous l’effet de sésame.
Ils jouiss'nt d’un robot sans paraître déçus
De s’être faits l’esclave de prothèses sans âmes.
Quand un robot femelle met bas sa providence,
Un vainqueur prend son pied devant deux cent vaincus
Qui pourtant s’excitaient sous toutes les cadences
Qu’un jouisseur se pâme devant deux cent cocus...
Des cocus qui se ruinent pour les yeux allogènes
De ces putains “Jack-Pot” plumant les pigeonneaux
Sans racolage aucun, ni pudeur ni sans gène
Dans des bordels d’état... qu’on nomme “casino”.
Quand l’état maquereau, raqueteur et rapace
Prend sa paye de voyou sans honte et sans honneur
Ma patrie prostituée devient hôtel de passe,
Marianne est maquerelle et l’Etat ... souteneur.
Jean-Yves Gaudin - 1999